Cécilé, rencontrée sur le forum qui m'a permis de recueillir toutes les infos pour organiser mon départ, me contacte par téléphone le 28 au soir à ma rentrée du trip sur fraser Island. Elle m'annonce qu'elle et son copain, Gauthier, arrivent sur Cairns le 29/11. Je vais donc sans attendre, réserver sur le site de JETSTAR un billet d'avion aller-retour pour Cairns (200€), la veille pour le lendemain.
Avion low cost, blindé d'asiats. Vous verez en photo mon voisin asiat qui m'a bien fait halluciner car il s'est endormi devant sa nintendo DS, toujours allumée, et à peine réveillé (quand je dis à peine, c'est meme carément au 10eme de seconde pres) il reprenais sa partie en cours.
Arrivée sur Cairns, je découvre un climat nettement différent que celui de la sunshine coast): nettement plus chaud, mais surtout nettement plus humide. 5 douches par jour ce n'est pas un luxe, et encore, vous vous sentez toujours sales. Mais il fait bon vivre à cairns, c'est une ville pleine de vie, pleins de jeunes backpackers, des étudiants étrangers, des bars de natures très différentes.
On a rencontré pas mal de Français sur place, dont une ancienne danseuse du crazy horse qui s'est mariée avec un australien et ils vivent désormais de spectacles de rue. Julien, un backpacker Marseillais qui a quitté la France depuis longtemps et fais depuis le tour du monde: il vit très bien malgré quelques galères, et ne compte pour rien au monde retourner en france. Son commentaire: La france ? Travailler comme un con 35 heures par semaine pour un salaire de misère, rentrer chez soi pour se fourer les pieds sous la table et regarder les merdes qu'on nous sert à la télé avec pour seul loisir un petit ciné de temps à autre, non merci ! Et je le comprend. La france bien entendu ce n'est pas que ça.
Le backpacker, très sympa, même si c'est très "à l'arrache". Parfait pour les échanges humains car tous les voyageurs étrangers s'arretent par ces hotels low cost réputés en australie pour leur cible privilégiée pour les "gens du voyage" (backpack = sac à dos, donc backpacker c'est le routier en quelques sortes). Le staff super cool aussi. Les restaurants, plutot bofs, à part le restau taïlandais.
Direction ensuite au bar réputé de Cairns le WoodShed Bar, Lieu de regroupement et de débauche de tous les BackPackers et étudiants. Anglaises ne défaillant pas à leur réputation, asiats bourrés au premier verre de champagne, et j'en passe, ambiance de fou, je vous laisse imaginer si vous ne perdez pas d'esprit qu'il fait chaud et humide ... et que je n'ai pas pris le temps de prendre de photos.
Premiere expérience avec un aborigene, il m'interpelle me parle et je ne comprend rien du tout ... il était completement bouré et voulait m'achetter mon T-shirt pour $50. J'aurais pu le faire étant donné les conditions météo, mais je me serais pas couché très fier. Nous retrouverons cet aborigène au meme endroit un peu plus tard, assis avec d'autres ainsi qu'une Hippie completement bourrée et défoncée, qui s'est successivement faite chopper par tous les aborigènes. Who's next ? je devrais plutot dire : what's next ? Notre belle hippie n'en est pas restée là, les abos non plus, une femme facile ils se sont lachés. La pauvre fille s'est fait fouiller la culotte et tater les seins en pleine rue sans rien dire mdr. J'ai bien halluciné sur ce coup là.
La vie dans Cairns est magique, et ça m'a meme donné envie de rester.
Puis cette expérience du backpacker me fait douter. En effet, si j'étudie dès maintenant, partant du principe qu'un visa en chasse un autre, je n'aurai alors plus jamais l'occasion d'obtenir ce type de visa. En revanche, si je fais mes 3 mois de fruitpicking (ramasser les bananes parmis les rats et les serpents), j'obtiens le droit de demander un deuxieme Working Holiday Visa, droit valable 3 ans à compter de la fin du premier.
Imaginons donc qu'après 1 année d'études en Australie je n'aie pas le nombre de points nécessaires pour obtenir la permanent residency, ou bien que mes ressources ne permettent pas de pousser mes études plus loin (ce qui est fort probable étant donné les couts de formation la bas) ... et bien c"'est un simple retour en france avec pour seul et unique choix un Visa touristique pour l'avenir.
Vu ce que je vois ici tous les jours, même si c'est le début, je ne m'imagine meme pas retourner en France pour le moment car:
- Ma maladie ne semble qu'accessoire car je suis tellement projetté dans ce que je fais, ce que je veux faire, et ce que je constate que je peux ou pourais encore faire ... que je n'y pense même pas.
- Les rares Français que j'ai croisé (en particulier les ptits vieux) ont confirmé ma vision des choses. Ils sont très attachés à la France, pour plusieures raisons: famille, proximité, amis, nourriture, culture, etc. Pour ma part, je considère que ma Famille sera toujours là, qu'elle est toujours présente dans mon coeur. Mes amis étaient déjà bien loin avant, et ne ce sont pas vraimpent soucié de ce que je devenais, alors pourquoi me gèner et m'empècher de vivre ces instant uniques ? Ceux qui parlent de nourriture parlent en fait de gourmandise, mais partout ou l'on va, on mange une certaine nourriture. La gourmandise n'est pas essentielle, l'important étant de manger à sa faim. La gourmandise est d'ailleurs un des péchés capitaux, alors à ce moment là, pourquoi se refuser tous les autres ? Les vieux Français que j'ai rencontré m'on accueilli d'un air noble et arrogant en m'annonçant un "oh ! un françaiiiiiis ! nous partageons la meme culture !" ... encore une fois je n'adhère pas.
En effet chère madame, à la base nous avons la même culture qui fait que nous sommes fiers d'etre français, mais mon sens de la culture ne s'arrete pas à votre définition. Ma culture c'est celle de l'ouverture d'esprit, de la découverte d'autres cultures, le non-rejet de l'autre sous condition de réciprocité. Visiblement vous vous comportez comme de bons touristes dans une belle bulle aseptisée, vous êtes aussi incipide que ce vin australien capuchoné de façon ermétique et blindé de conservateurs. Je suis sans doute rebelle, arrogant à ma façon, ou j'ai toujours cette rage que mes proches ont pu connaitre en moi. Mais cette rage n'a plus lieu d'etre ici.
J'ai besoin de défis pour vivre. Mon premier défi est un défi qui m'a été imposé, il est injuste et intemporel, il s'agit là de ma maladie. Comment surmonter ce défi ? Une picure, une nuit sur deux complètement pourie successivement ar le froid puis la fièvre. Aujourd'hui je sais pourquoi je dois me battre, j'ai un objectif, des étapes intermédiaires, des centaines d'options possibles, des milliers de gens à découvrir qui sont partis pour des raisons qui sont parfois similaires.
Quel défi et quelles récompense au quotidien. J'entend des Français en Australie râler à propos du temps qu'il fait : Who cares about the fuckin weather ?! Qu'est ce qu'on en a à foutre du temps ? On est à 20 000 km de la france, dans des endroits magiques. Aujourd'hui mon cher Français, tu es là, c'est une chance car tu peux marcher, voir, sentir, profiter de ce qui t'es donné. Demain sera peut etre différent, là ou hier le temps était mauvais, tu ne pouras sans doute plus y aller pour profiter du soleil.
Je sais ce que je ne peux plus faire mais ça n'a plus aucune importance fâce à ce que je sais que je peux toujours faire. Pour vous dire dans quel état d'esprit je me sens et quelle sensation j'éprouve en écrivant ces lignes, lisez les suivantes et fermez les yeux pour vivre cette situation:
Vous pénétrez une caverne, la caverne d'Ali Baba, pleine de trésors pièces, rubis , émeraudes et j'en passe, de quoi faire vivre 1000 génération de JetSeters. Vous ne savez pas pourquoi cette caverne s'est ouverte pour vous ni pourquoi maintenant ... vous ne savez pas non plus quand elle va se refermer. Jamais sans doute ... comme peut-être tout de suite, ou toute à l'heure. En tout cas, elle est toujours ouverte et vos poches sont trop petites, vite trouvez vous un ane, un sac, des porteurs, whatever, mais pourvu que vous puissiez en prendre le maximum possible.
Et bien, Cairns, c'est un peu ça. Pour l'instant je visite et dépense et ça ne poura pas durer. However ... je vais travailler car c'est mon défi et pas celui d'un ou d'une autre. Cependant, défi ne rime pas avec folie, je traite toujours ma maladie, un défi ne chassant pas l'autre, il le compense. Il me faudra donc trouver des solutions pour pouvoir composer avec tout ça.
Cette page a tourné en roman phylosophique mais je vous rassure, c'est toujours bien lié à la visite de Cairns qui a déclenché cette envie de poursuivre et d'aller meme encore plus loin. Des personnes ne comprendront sans doute pas, souriront, ou pourons éprouver d'autres sentiments désaprobateurs en lisant ces dernières lignes. A ces personnes, je leur dit qu'ou que je sois, quoi que je fasse, je suis sur et certain qu'il y en a une qui me suivra systématiquement, elle m'en veut à moi et à personne d'autre. Elle me donne des obligations, cause des torts, à moi comme à mes proches mais me donne surtout des droits. Le droit de dire qui je suis, le droit de dire à ces personnes que ces choix s'imposent et son irrévocables dans le fond mais pas dans la forme.
Pour terminer je vous invite à répondre à ce petit sondage que j'ai créé (le dernier). Bye ! and cya of course :)
Etapes :
Cairns